Cinq jours pour construire un voilier avec des déchets et quitter une île du Pacifique

Ouvrir sur YouTube ↗
Aperçu

Le principe de la vidéo est posé dès les premières secondes : Jimmy, Chandler, Nolan, Hase et Darius sont déposés sur une île déserte « en plein milieu de l'océan Pacifique ». Pour en partir, il n'y a qu'une solution : construire un voilier, puis naviguer sur plusieurs kilomètres jusqu'à une autre île visible à l'horizon. À la question « pourquoi ? », la réponse donnée est simplement : « parce qu'ils aiment nous voir souffrir ». La vidéo suit la construction, les privations, puis une traversée de près de douze heures dont l'issue se joue à quelques centaines de mètres.

16 min de lecture

Une question d'enfance comme point de départ

Jimmy, qui narre la vidéo, explique l'origine du défi. Il s'agit de vérifier si, une fois coincé sur une île, on pourrait vraiment en repartir. Selon lui, « on se demande tous ça quand on est jeune ». Aucun membre du groupe n'a jamais navigué. On leur montre une animation 3D du bateau à construire, et la première réaction est que c'est « impossible ». La réplique qui suit résume l'enjeu : si le bateau n'est pas construit, tout le monde reste coincé.

La priorité immédiate n'est pourtant pas le voilier mais un abri, car « cette île doit pas nous tuer avant qu'on puisse s'enfuir ». Une caisse contient des objets essentiels, dont une réserve d'eau qui paraît abondante mais qui doit tenir jusqu'à la fin de la construction. Personne ne sait combien de temps cela prendra. Jimmy rappelle que le groupe n'est composé que de « Youtubeurs » qui essaient de faire un abri à partir de rien. Monter le camp s'avère déjà laborieux, et la remarque tombe : « On a du mal à bâtir un camp. Imagine faire le voilier. » Le premier soir, le groupe allume un feu, « de manière responsable » précise la narration, dans un abri qualifié de « sorte de fort en feuilles ».

Hase, le seul à savoir ce qu'il faut faire

Autour du feu, chacun confirme n'avoir jamais construit de bateau. Hase fait exception : sa présence s'explique par le fait qu'il en a déjà fabriqué un dans une autre vidéo. Cette compétence se voit dès le matin du deuxième jour. Hase est le seul déjà au travail, avec cette explication : « J'essaye de partir d'ici. »

Hase a fabriqué un prototype miniature qui annonce l'architecture du futur bateau : deux coques, des poutres transversales posées par-dessus, et un emplacement prévu pour le mât. Pour la voile, Nolan doit céder sa chemise. La maquette flotte. L'échelle réelle impose cependant une autre ambition : il faut un engin environ quarante fois plus grand, capable de porter plus de 450 kg et d'emmener tout le monde jusqu'à l'autre île.

Bambou, jungle et déchets échoués

Le bambou est présenté comme le matériau idéal, car il est très léger et flotte. Il pousse cependant au cœur de la jungle. Avant d'y entrer, Hase convoque une « réunion d'urgence » pour énumérer les dangers : des fers-de-lance, des vipères à cils et des araignées-bananes. L'exploration se fait au milieu des fourmis qui s'infiltrent dans les chemises. Une ruche suscite une plaisanterie, et le groupe a le sentiment que « tout essaye de nous tuer ici ». Il en rapporte du bambou ainsi que des caisses qui pourront servir de rangement.

L'autre ressource vient de la plage. Jimmy explique que des navires de marchandises jettent leurs ordures par-dessus bord et que celles-ci viennent s'échouer sur l'île. Ces déchets deviennent des matériaux de construction, selon la formule « on nettoie la plage et on essaye de s'enfuir ». Le bien le plus précieux est tout contenant étanche, qui « vaut de l'or ». Le groupe cherche surtout de grands bidons bleus destinés à servir de flotteurs. Le premier est éventré et inutilisable. Un deuxième flotte bien au test, et un autre semble intact. La chaleur se fait sentir : Jimmy dit être au bord de l'insolation. Le groupe estime avoir assez de matériel pour commencer, mais pas assez de forces pour s'y mettre tout de suite. Le bilan du deuxième jour est maigre, et Jimmy prévoit qu'« à ce rythme, ça va prendre un mois ». La nuit est interrompue par une grosse araignée qui réveille Nolan.

S'adapter à la chaleur et répartir les rôles

Le lendemain, le groupe déplace l'atelier vers une zone ombragée, plus loin sur la plage. La chaleur est jugée « impossible à décrire », et l'ombre doit permettre de construire toute la journée au lieu de quelques heures seulement. En chemin, Chandler trouve un troisième bidon, ce qui augmente les chances que l'embarcation flotte vraiment. Le groupe dispose enfin d'assez de bambou et de bois.

Le tas de bâtons et d'ordures n'a pas encore l'allure d'un bateau, et le travail s'organise de façon improvisée. Chandler, épuisé par la recherche, prend la caméra et propose de filmer à la place de Darius, le caméraman. Darius est ainsi « promu constructeur ». Le risque principal est clairement nommé : si un seul nœud lâche au passage d'une vague, le bateau coulera en pleine mer. Au troisième jour, la poupe est construite, ce qui donne lieu à un jeu de mots sur les « poulpes ». Le bambou forme ensuite le pont, et pour la première fois l'ensemble « commence à ressembler à un voilier ». C'est Chandler qui est chargé de baptiser le bateau.

La marée comme stratégie

Le lendemain matin, Hase partage une observation qui structurera tout le plan. Quand la marée descend, l'eau se retire de la côte. Partir à marée descendante permettrait donc d'être emporté directement vers le large. Hase avertit cependant que si le vent et les courants sont défavorables, il serait impossible d'atteindre l'île, même avec un moteur. Hase constate aussi que tout le monde compte sur cette expertise. Si le bon moment est trouvé et que l'équipe y parvient avec des gens qui n'ont jamais navigué, ce sera, selon Hase, une expérience inoubliable.

Les objectifs du jour sont fixés : fixer la poupe et rassembler de quoi fabriquer des rames. Hase refuse de monter la voile avant d'avoir vérifié que l'ensemble flotte. Jimmy, de son côté, prend conscience que toute la vidéo consiste à fouiller les ordures, alors que ces ordures sont leur seul espoir de partir. Un quatrième bidon est indispensable, car la structure n'est pas symétrique et ce côté poserait problème. La recherche se fait par environ 37 °C, une chaleur que Jimmy qualifie d'« insoutenable ».

Le quatrième bidon et le malaise de Nolan

Au quatrième jour, Hase, qui se considère comme le meilleur en nœuds de l'île, se charge de faire et de vérifier toutes les ligatures, puisqu'« une seule corde mal nouée et tout peut s'effondrer ». Pendant ce temps, la fouille dure depuis deux heures sans résultat, jusqu'à la découverte du quatrième bidon. Il faut alors le rapporter sur un kilomètre et demi de terrain rocailleux.

Un autre chantier échoue en parallèle. Le groupe a trouvé un objet métallique sur la plage et veut faire un feu dessous pour y faire fondre du plastique et le modeler en rames. C'est surtout Nolan qui paie l'expédition. Partie sans eau, la personne décrit des fourmillements dans les mains et une vision qui se brouille, puis appelle Darius et Hase à l'aide. Darius finit par arriver avec le bidon bleu, puis rapporte aussi un tonneau et un gouvernail. Nolan, au bord du malaise, est assis et réhydraté. Jimmy en tire ce constat : c'est dans ces moments qu'on comprend que tout le monde doit travailler ensemble pour réussir. Le groupe a déjà bu la moitié de ses réserves d'eau et ne peut plus s'attarder.

Le test de flottaison

Les bidons sont ensuite calés entre les bambous. Ce dispositif doit garder l'équipage au sec, à condition qu'aucun bidon ne se détache, sans quoi il faudrait tout recommencer. Viennent ensuite les ligatures autour des 17 poutres transversales, des deux côtés. Une corde casse pendant le serrage, ce qui fait douter de sa capacité à tenir pendant la traversée.

Le groupe se retrouve à ce que Jimmy appelle un « carrefour décisif ». La première option consiste à continuer à construire en espérant que tout fonctionne, au risque d'un effondrement au départ. La seconde consiste à faire une pause et à mettre l'ensemble à l'eau pour vérifier la flottaison. Le groupe choisit le test, et la structure flotte. C'est, dit Jimmy, la première fois qu'il a l'impression que l'entreprise est possible.

Jimmy prend alors un moment pour réfléchir au format. La chaîne réalise beaucoup de vidéos avec des plateaux gigantesques, des centaines de candidats et un million de dollars à gagner. Il trouve parfois agréable d'être simplement déposé sur une île avec quatre amis pour construire un voilier, malgré la chaleur et les insectes. Il la décrit comme l'une des vidéos les plus dures qu'ils aient faites, mais aussi comme un plaisir. Il rappelle que la chaîne faisait autrefois ce genre de vidéos et dit ne pas savoir pourquoi elle a arrêté.

De radeau à voilier

Le plan prévoit d'avoir un voilier le lendemain si le groupe reste concentré, puis de partir le jour suivant si le courant est favorable. Pour l'instant, Jimmy reconnaît qu'il s'agit d'un radeau et non d'un voilier : il manque une structure capable de prendre le vent. L'urgence s'accentue, car l'eau commence à manquer et Nolan dit avoir plus de 60 piqûres d'insectes sur les mains et les bras seulement. Nolan ignore combien de temps il sera encore possible de tenir si le départ n'a pas lieu le lendemain. Jimmy promet de partir « demain max ».

La tentative de fondre le plastique a échoué. L'équipe pensait que de l'eau en ébullition suffirait, puisque « ça marche avec les pâtes », et Jimmy en plaisante : c'est pour ça qu'on regarde Mark Rober et pas eux. Les rames sont finalement fabriquées autrement, à partir d'éléments assemblés et noués. Le premier prototype ressemble à un drapeau, et il faut en produire quatre de plus. Le groupe ajoute aussi un aileron de quille, chargé de maintenir le bateau en ligne droite. Hase conçoit une voile triangulaire, « comme celles des peuples polynésiens », montée sur du bambou fin et résistant. Il faut ensuite percer un trou pour les charnières de la voile, dont la défaillance ferait céder l'ensemble.

Une course contre la marée

La date du départ est dictée par la lune. Selon les explications données, la nouvelle lune rend les marées extrêmes, et partir à marée descendante devrait porter le bateau droit vers l'île. Avec douze heures avant le changement de marée, le groupe accélère la cadence. La voile hissée prend le vent, les rames sont déclarées prêtes et une corde permet de corriger la direction si le vent pousse dans le mauvais sens. Au cinquième jour, il reste environ une heure et demie de lumière, et le travail se poursuit jusqu'à presque minuit. L'équipe, au « cerveau en mode déconnecté », termine notamment un gouvernail. Jimmy considère que le groupe a fait tout ce qu'il pouvait, ensemble.

Le départ et les premières heures

Au matin, Jimmy évoque l'envie de rentrer et de retrouver sa famille, et place le destin du groupe « entre les mains de Mère Nature ». Avant d'embarquer, une comparaison avec le Titanic est aussitôt corrigée par un coéquipier, qui rappelle que le naufrage a eu lieu dans l'Atlantique. Le groupe se fixe aussi une devise qu'il répète en chœur : quand on est fatigué, quand on l'est encore plus et quand on veut s'arrêter, « on continue à pagayer ».

Le courant porte d'abord le bateau, mais Hase prévient qu'il faudra, dans quelques heures, traverser un chenal où le courant tentera de les entraîner vers le large. La voile capte une petite brise et le bateau avance à 1,6 km/h, ce qui reste un progrès malgré la lenteur. Il reste plus de huit kilomètres et l'île n'est même pas encore visible. Au bout de vingt minutes, la fatigue est déjà forte. Pagayer à quatre sans interruption épuiserait l'équipage avant le chenal, ce qui pousse Hase à instaurer des relais de quinze minutes : trois rameurs à droite, une personne toujours au repos.

Après environ 45 minutes, le groupe estime avoir parcouru 20 % du trajet. Les incidents s'enchaînent ensuite. Nolan casse sa pagaie, une partie du bateau se détache, Hase tombe à son tour, et l'embarcation dérive hors de son cap. Il faut que tout le monde pagaie à fond pour retrouver la bonne direction. Un rythme finit par s'installer, puis le calme plat revient. Déshydratation, coups de soleil et nausées s'accumulent, Chandler se dit malade, et l'équipage rappelle avoir construit pendant six jours d'affilée, douze heures par jour.

Le chenal et le découragement

L'arrivée au chenal se manifeste par une forte houle. Un désaccord éclate : Hase demande à Darius d'arrêter de pagayer pour éviter de se retrouver face au vent, tandis que Darius répond qu'il suffirait de cinq secondes de pause pour être dévié. Pendant des heures, le courant les pousse à gauche, puis à droite, et les fait tourner en rond. Le groupe comprend alors qu'il n'avance plus. Jimmy décrit ce moment comme celui où l'on commence à « ressentir la défaite » : trop loin pour faire demi-tour, avec encore moins d'espoir de continuer.

Après six heures de relais, Darius rame sans interruption, Hase tient la barre et la voile, Jimmy souffre du mal de mer et Chandler s'est endormi. Avec Jimmy et Chandler hors service, la mission repose sur Hase, Nolan et Darius. L'île est à 5,6 km. Hase explique que suivre le vent venant de l'île et le courant permettrait d'en profiter, mais que le retard pris au départ oblige désormais à franchir de petites vagues. Au bout de sept heures, Jimmy propose de tirer la fusée de détresse. Darius refuse, tout en reconnaissant n'en plus pouvoir après sept heures de pagayage presque continu, alors que l'île semble « si proche, mais si loin ».

Un regain inattendu

Allongé sur le bateau, Jimmy repense à la promesse faite au départ et à ses propos de deux jours plus tôt sur le plaisir de construire un voilier entre amis. Il dit s'être bien amusé cette semaine. C'est alors que le bateau se met à dériver lentement vers l'île sans effort de l'équipage. L'explication donnée est que la marée monte et les pousse vers la terre. Sans s'en rendre compte, le groupe a franchi le chenal.

Darius estime la distance à 4,6 km, et l'équipe décide de tenter à nouveau sa chance. Après plus de huit heures de pagayage, tout le monde est brûlé par le soleil, affamé et déshydraté, mais refuse d'abandonner. Les distances défilent : 4 km, 2,7 km, puis un peu plus de 1,6 km selon les estimations. L'équipage décompte ensuite chaque centaine de mètres jusqu'au kilomètre, puis crie « Terre ! ».

Échouer à 5 % du but

Un dernier changement de marée approche cependant, prévu dans vingt minutes. Hase rappelle que si le vent et les courants deviennent défavorables, même un moteur ne suffirait pas. Il resterait environ 500 m. Le bateau dévie trop à droite, et l'équipage, qui compte onze heures à bord, se lance dans un dernier effort. Alors que 95 % du trajet est accompli, le vent tourne complètement. L'équipage hésite entre replier ou hisser la voile, car le vent souffle désormais face au bateau. Les minutes sont décomptées une à une pendant que tout le monde rame.

La marée finit par changer. L'eau qui poussait le bateau vers l'avant le repousse maintenant en arrière, et Jimmy constate qu'« il n'y a rien qu'on puisse faire ». La distance remonte à 800 m. Quelqu'un fait remarquer que le groupe aurait pu y aller à la nage, et Hase confirme que la cause est perdue. Selon le bilan de Jimmy, après presque douze heures à pagayer et à dériver, vingt minutes de plus auraient suffi pour atteindre l'île. Le groupe se résout à tirer la fusée.

Jimmy conclut que c'est le défi le plus difficile qu'il ait jamais relevé sur la chaîne. Échouer si près, uniquement à cause d'un changement de marée alors qu'il restait 5 % du voyage, rend cet échec encore plus dur selon lui. Il dit détester perdre et avoir l'impression d'avoir laissé tomber le public. Il promet de ne pas échouer au prochain défi, puis monte dans l'hélicoptère. L'écran final rappelle l'objectif qui n'a pas été atteint : « Atteindre l'île ».