Rendre la marche à 2 000 personnes : ce que révèle le prix d'une prothèse

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Cette vidéo de la chaîne MrBeast suit une campagne pour permettre à 2 000 personnes de remarcher, principalement grâce à des prothèses, mais aussi à des opérations chirurgicales. Elle part d'un constat : marcher est considéré comme acquis par beaucoup, alors que des milliers d'amputés dans le monde n'ont pas ce luxe. Au fil des rencontres aux États-Unis, en Amérique latine, en Afrique et en Asie, une question se pose : pourquoi l'accès à ces appareils dépend-il autant de l'argent, de l'assurance et de la géographie ? La vidéo se termine sur un constat d'injustice que l'équipe dit ne pas savoir résoudre.

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Premiers pas : Stephanie, Colleen et les autres

Le premier cas présenté est celui de Stephanie, qui n'avait pas marché sans assistance depuis 2009, soit environ quinze ans. Stressée au moment de recevoir sa nouvelle jambe, elle l'enfile, se lève et fait ses premiers pas devant son père. Interrogé sur ce qu'il ressent, celui-ci dit être très ému et heureux que sa fille puisse redevenir autonome : selon lui, « elle n'est plus prisonnière ». Le père et la fille finissent par danser ensemble.

L'équipe aide ensuite Colleen, qui ne marchait plus depuis sept mois et dit apprécier d'avoir « cette autre chance ». Viennent ensuite David, Adriane, Linda et Kharid. L'équipe précise que ces appareillages n'ont été possibles qu'avec l'aide de professionnels qui fabriquent et ajustent les prothèses remplaçant les membres amputés.

Le coût d'une prothèse et le problème de l'assurance

L'équipe demande à un professionnel combien coûte une prothèse de ce type. Sa réponse : entre 5 000 et 50 000 dollars. La vidéo souligne que les personnes filmées ne pouvaient pas se payer d'assurance ou étaient mal couvertes, et que sans intervention extérieure, elles n'auraient pas remarché.

À la question de savoir comment on fait sans assurance, une personne répond qu'on prie, qu'on organise des collectes de fonds et qu'on espère que quelqu'un vienne en aide. Un autre bénéficiaire explique qu'il lui aurait fallu dix ans d'économies pour s'offrir sa prothèse. En réaction, Chandler, membre de l'équipe, juge que « ce n'est pas normal ». Cette personne repart avec 10 000 dollars en plus de sa jambe : elle était arrivée avec une jambe et repart avec deux, ainsi qu'une mallette d'argent. Les bénéficiaires décrivent alors une prothèse si bien faite qu'elle donne l'impression de faire partie de leur propre corps, et parlent d'un changement de vie, désormais sans fardeau financier.

Ce que l'on perd avec la marche : les tâches du quotidien

L'équipe dit avoir compris que perdre la faculté de marcher, c'est aussi perdre la capacité d'accomplir des tâches simples. Greg en témoigne : tout est devenu plus compliqué. Autrefois, il jouait au tennis en famille. Aujourd'hui, il aimerait simplement pouvoir rester debout pour faire la vaisselle. Avec sa nouvelle jambe, il se lève sans attendre et dit que cela lui donne le sourire. La vidéo en tire un constat : pour une personne amputée, la moindre activité du quotidien peut sembler insurmontable.

Travis et le mariage de sa fille

Le cas de Travis s'étend sur toute la vidéo. Il raconte qu'il courait six fois par semaine, sept s'il s'ennuyait. À 17 ans, il a eu un accident, puis une ostéomyélite, et a perdu ses pieds. Interrogé sur la dernière fois qu'il a marché, il répond ne pas savoir ce qu'est la normalité. Sa fille, qui rêve de se marier depuis ses trois ou quatre ans, a toujours voulu que son père l'accompagne jusqu'à l'autel, un moment où il ne pourrait pas rester assis.

Travis reçoit une jambe droite et une jambe gauche. Il fait ses premiers pas, puis marche sans les mains. L'équipe juge qu'il marche « presque mieux que les gens avec deux jambes ». Lui-même dit qu'il pourrait presque courir. Il confirme qu'il pourra conduire sa fille à l'autel et ajoute qu'il pourra aussi faire la danse père-fille. L'équipe avait secrètement demandé au futur marié une estimation du coût du mariage. Le montant total est inscrit sur un fauteuil roulant et offert à la famille. Le couple invite l'équipe au mariage, et celle-ci s'y rend effectivement.

Guatemala : des prothèses moins chères grâce au recyclage

La vidéo élargit ensuite le propos. Même si l'équipe finance les prothèses montrées, elle reconnaît ne pas pouvoir le faire indéfiniment. Si 50 000 dollars représentent déjà une somme excessive pour la plupart des gens, la situation est encore plus difficile dans les pays en développement.

Au Guatemala, l'équipe rencontre David, fondateur du Range of Motion Project (ROMP), une organisation créée pour pallier le manque de prothèses chez les personnes défavorisées. Selon lui, les prothèses destinées aux personnes démunies ne bénéficient pas de la même qualité, et le coût élevé s'explique par le prix des composants. D'après la vidéo, David a trouvé un moyen de préserver la qualité pour un dixième du coût : un inventaire mondial de composants recyclés, récupérés sur des prothèses dont une grande partie reste utilisable. La vidéo invite d'ailleurs les personnes possédant une prothèse inutilisée à en faire don. L'équipe en conclut que des prothèses moins chères sont plus accessibles, ce qui permet d'aider davantage de Guatémaltèques à retrouver une vie normale.

Les usages montrés vont des activités les plus ambitieuses, comme la moto ou le jeu de ballon, aux petits plaisirs du quotidien. Une personne dit vouloir simplement se promener en famille et avoir l'impression qu'on lui a « redonné la vie ». La vidéo montre aussi un enfant qui dépasse désormais sa mère en taille, des câlins et des enfants qui retrouvent leur indépendance. Elle insiste sur l'idée qu'à n'importe quel âge, un nouveau membre peut tout changer.

Atteindre les patients isolés : un véhicule pour ROMP

David explique que certains patients ne peuvent pas venir à la clinique. Le pays est difficile à parcourir, avec des rivières et même des jungles à traverser, si bien que les personnes incapables de marcher restent enfermées chez elles. David doit donc parfois se déplacer jusqu'à elles, ce qui est compliqué. Lorsque l'équipe demande où est le camion, il répond que l'organisation n'a pas de véhicule : ROMP consacre ses ressources au personnel et aux prothèses et n'a pas les moyens de financer un transport fiable. L'équipe lui offre alors un pick-up portant l'inscription ROMP, d'une valeur de 65 000 dollars, capable selon la vidéo de rouler sur tous les terrains. La surprise avait été préparée en secret avec le personnel.

Le véhicule est inauguré par une distribution de jambes. En quittant les rues de Guatemala, l'équipe dit avoir compris que David n'exagérait pas : le trajet mène à une maison située sur le flanc d'un volcan, au milieu de la jungle, inaccessible avec une voiture ordinaire. Y vit Kevin, gravement brûlé dans un accident il y a 24 ans, qui a perdu ses jambes. Pour se déplacer sur ce terrain accidenté, quelqu'un doit le pousser en fauteuil. Il fait ses premiers pas « sur un volcan », va embrasser sa mère et remercie Dieu d'avoir mis l'équipe sur leur chemin. Un proche rappelle que beaucoup de gens luttent au quotidien. D'après la vidéo, Kevin est la 71ᵉ personne à remarcher.

Équateur : Kelly, Eduardo, Fede et les autres

Avec David, l'équipe poursuit en Équateur. Kelly a voyagé six jours en bus depuis la Bolivie sans savoir si elle recevrait une prothèse. Elle raconte avoir été stressée, n'ayant jamais quitté son pays, mais avoir pris le risque quand même. L'équipe affirme que c'est précisément pour des personnes comme elle que la vidéo existe. Après deux ans sans marcher, Kelly parle de « miracle » et demande aussitôt si elle peut danser. Elle invite un membre de l'équipe, qui dit ne pas savoir danser. L'équipe remarque qu'on ne dirait pas qu'elle n'a pas marché depuis deux ans et se dit touchée de voir cette famille réunie autour d'une passion commune.

Eduardo, 5 ans, n'avait pas marché depuis des mois. Il embrasse sa prothèse en la recevant. Sa mère raconte qu'il bougeait déjà partout, « comme si une jambe suffisait ». Une fillette qui n'avait pas marché depuis plus d'un an fait ses premiers pas devant son père, très ému. Un membre de l'équipe déclare que c'est sa vidéo préférée. Fede reçoit également une prothèse gratuite, se dit chanceux et heureux de remarcher.

L'ascension de la montagne, un rituel symbolique

David partage ensuite l'un de ses rituels : emmener les nouveaux bénéficiaires en randonnée sur une montagne pour s'entraîner avec leur prothèse. Il explique le symbole ainsi : s'ils parviennent à la gravir, ils pourront affronter la vie. Selon lui, atteindre de nouveaux sommets avec un handicap donne l'impression que tout le reste devient possible, et c'est ce qu'il dit avoir observé chez ses patients. Il décrit leur persévérance et leur ambition pendant l'ascension comme incomparables : l'essence de cette sortie, c'est de refuser d'abandonner.

L'équipe reconnaît que la montée est difficile, même pour elle, et s'étonne de voir un homme qui ne pouvait pas marcher gravir une montagne. Un membre de l'équipe avoue ne pas avoir compris au départ le sens de cette escalade, puis l'avoir saisi en chemin : il s'agit de prouver aux participants qu'ils peuvent tout surmonter avec leur nouvelle prothèse. Arrivé au sommet, David leur dit qu'ils sont capables de tout et qu'il est fier d'eux. La récompense est la vue.

Kenya, puis l'Afrique et l'Asie

Au Kenya, la démarche est différente : l'équipe rencontre des enfants qui ont leurs deux jambes mais ont besoin d'opérations coûteuses, et elle les finance. Certains n'avaient jamais marché. Un enfant raconte qu'il tombait sans s'en rendre compte en essayant de marcher, que ses camarades se moquaient de lui et qu'il lui arrivait de ne pas aller à l'école. Après l'opération, il dit être très heureux de pouvoir marcher comme les autres. L'équipe aménage aussi une nouvelle salle de jeux pour les enfants de la clinique.

La vidéo accélère ensuite : après le Kenya, l'équipe dit avoir parcouru l'Afrique, puis s'être rendue aux Philippines, au Cambodge et au Sri Lanka. Les bénéficiaires évoquent des changements dans leur vie de famille et leurs finances, une deuxième chance, le sentiment d'être de nouveau en vie. Au terme de ces voyages et de ces « 2 000 premiers pas », l'équipe se dit heureuse d'avoir amélioré la vie de nombreuses personnes.

Le mariage

La vidéo revient au mariage de la fille de Travis, auquel l'équipe assiste en plaisantant sur l'étrangeté d'être invitée chez de quasi-inconnus. Travis conduit sa fille à l'autel sur ses nouvelles jambes, réalisant le rêve qu'elle avait toujours eu. Les mariés sont présentés comme M. et Mme Anderson. Travis résume simplement : il l'a accompagnée à l'autel. L'équipe dit avoir pensé, à ce moment-là, à toutes les personnes dont la vie a été bouleversée par ce projet.

Une conclusion sans solution

La vidéo se termine délibérément sur une note différente. Certaines des personnes aidées avaient une assurance, mais celle-ci a refusé de couvrir les coûts, en partie ou en totalité. L'équipe juge injuste et absurde que leur seul espoir d'obtenir une prothèse, et donc de remarcher et de trouver un emploi, soit qu'un youtubeur intervienne. Elle reconnaît ne pas connaître la solution, mais dit avoir voulu le souligner pour que les quelque 100 millions d'abonnés qui regardent en prennent conscience, car ce qu'elle a vu « n'est pas normal ».