MrBeast et la promesse de « nourrir une personne par vue » : écoles au Kenya, cacao au Ghana et gaspillage alimentaire aux États-Unis

Ouvrir sur YouTube ↗
Aperçu

Cette vidéo de MrBeast repose sur un principe annoncé dès les premières secondes : chaque visionnage génère de l'argent, et cet argent est reversé à des programmes alimentaires. Le vidéaste affirme d'abord que chaque vue donne un repas à une personne dans le besoin. À la fin de la vidéo, le ratio est formulé autrement : 20 vues représentent un repas. Il explique aussi que cet argent ne sert pas seulement à distribuer de la nourriture. Il finance des terres agricoles, la construction de grandes cuisines et des repas scolaires, et doit éviter à des enfants d'aller travailler. La vidéo suit ensuite trois terrains : une école et une exploitation agricole au Kenya, une communauté de producteurs de cacao au Ghana, puis la récupération d'invendus alimentaires à Philadelphie.

10 min de lecture

Le point de départ : la vue comme source de financement

En ouverture, MrBeast distribue des repas à une file de personnes. À un moment, il annonce qu'avec la dernière personne servie, 1 500 personnes viennent de recevoir un repas. Il présente ensuite le mécanisme : chaque fois que quelqu'un regarde la vidéo, de l'argent est généré, et plus la vidéo est vue, plus le nombre de personnes nourries sera grand. Il ne détaille pas davantage d'où vient cet argent ni comment il est calculé. Le reste de la vidéo cherche surtout à montrer concrètement à quoi il sert.

Au Kenya : un programme de repas qui remplit les classes

La première étape se déroule dans une école, dont on apprend plus tard qu'elle est au Kenya. Un responsable explique que grâce au programme de repas, la fréquentation scolaire « a monté en flèche ». Ce succès crée un nouveau problème : les salles de classe ne suffisent plus. Faute de bureaux, certains élèves s'assoient par terre, et des tables prévues pour deux accueillent quatre enfants.

L'équipe apporte des bureaux neufs pour que chaque élève puisse s'asseoir. MrBeast commente que cela remet en perspective ce que l'on considère comme acquis « en Amérique et en Europe ». Selon lui, un objet aussi simple qu'un bureau suffit à rendre les enfants heureux toute la semaine.

Il montre ensuite l'ancienne cuisine de l'école. D'après lui, on ne peut pas y préparer les petits-déjeuners et les déjeuners des enfants pour toute la semaine scolaire. L'équipe a donc construit une cuisine neuve. Elle a aussi creusé un puits équipé d'un réservoir d'eau, installé une serre et aménagé une exploitation agricole à côté de l'école. Le vidéaste résume l'objectif ainsi : fournir à l'école « tout ce dont elle a besoin ».

L'exploitation Oleleshwa et le tracteur

L'école attire désormais des élèves venus des établissements voisins. Pour faire face à cet afflux, l'équipe s'est associée à de grandes exploitations agricoles. Celle que dirige Justice s'appelle Oleleshwa. Il explique qu'elle est divisée en deux. Une partie de la production part vers les écoles. L'autre est vendue aux communautés voisines pour financer le fonctionnement de l'organisation à but non lucratif.

Le travail s'y fait encore à la main. Selon la vidéo, cela ne suffit pas pour produire assez de nourriture pour les écoles. L'équipe offre donc un tracteur neuf. MrBeast affirme qu'une tâche qui prenait 45 minutes n'en prendra plus que 45 secondes. Il insiste surtout sur le rôle de cet achat dans son raisonnement. Reverser l'argent des vues à un programme de repas scolaires ne fait pas « apparaître la nourriture comme par magie », dit-il. Elle doit venir de quelque part, et ici elle viendra du meilleur rendement de l'exploitation grâce au tracteur.

Un camion pour la communauté et l'objectif du million de repas

Pour que cette nourriture profite au plus grand nombre, l'équipe remet aussi à l'école les clés d'un camion destiné à la communauté. D'après la vidéo, il doit permettre de livrer les repas excédentaires aux familles des environs. Le premier chargement contiendrait de quoi préparer plus de 100 000 repas. En remerciement, la communauté offre une chèvre à MrBeast.

Il annonce alors un objectif plus large : d'ici la fin de la vidéo, et grâce aux vues, l'équipe distribuera un million de repas. C'est la fin de l'étape kényane.

Au Ghana : les repas scolaires contre le travail des enfants dans le cacao

Au Ghana, l'équipe a également financé une cuisine, un réservoir d'eau et une nouvelle exploitation pour l'école locale. On y plante du chou qui, selon un intervenant, sera prêt dans environ deux mois et demi et permettra de nourrir tous les élèves.

La vidéo présente toutefois cette exploitation comme une exception. Les « millions d'autres » au Ghana, selon MrBeast, ne vivent pas une histoire aussi positive. La communauté visitée est agricole, et la plupart des parents produisent du cacao. Les enfants contribuent souvent au revenu familial. D'après un échange dans la vidéo, quatre élèves sur cinq travaillaient dans une plantation de cacao avant de s'inscrire dans cette école. Selon MrBeast, s'ils reçoivent aujourd'hui une éducation, c'est simplement parce qu'on leur offre un repas gratuit. Un intervenant confirme que la nourriture augmente les inscriptions, attire les enfants à l'école et les y fait rester.

L'équipe ajoute un second levier. Elle a acheté des dizaines de couples d'animaux, dont des vaches et des chèvres, pour les donner aux familles. Ce revenu supplémentaire doit permettre aux parents d'envoyer leurs enfants à l'école plutôt qu'au travail. Un enfant confirme qu'il fera sa première rentrée le lendemain. La distribution tourne brièvement à la scène comique : Tareq, membre de l'équipe, amène dix chèvres à la fois, qui s'échappent, et MrBeast lui lance qu'il est « viré ».

L'étape se termine par une dégustation de chocolat avec les enfants et un passage du drone au-dessus d'eux. MrBeast cite ensuite un chiffre : 45 % des enfants vivant dans des foyers producteurs de cacao travailleraient illégalement. Il précise que chez Feastables, sa marque de chocolat, l'équipe travaille avec les agriculteurs. Elle met en place des systèmes de suivi et de remédiation du travail des enfants pour les en sortir et les envoyer à l'école. Un représentant de l'école conclut que la restauration scolaire était un vœu de longue date. Il remercie l'équipe et espère que le programme durera des années, « et pour toujours ».

Aux États-Unis : le problème n'est pas la production, mais le gaspillage

De retour aux États-Unis, MrBeast explique que la faim s'y pose différemment. Selon lui, l'Amérique produit tellement de nourriture que près de 40 % finit à la poubelle. Si l'on en sauvait ne serait-ce que 10 %, on pourrait « en théorie » éradiquer la faim dans le pays. Il présente cette affirmation comme une hypothèse, non comme un résultat.

L'équipe se rend au marché de gros de Philadelphie, que la vidéo décrit comme l'un des plus grands marchés alimentaires du pays. Jusqu'à 4 500 tonnes d'invendus pourraient y être jetées chaque année. C'est là qu'intervient Evan, fondateur de l'association Sharing Excess. Il explique que lorsqu'un commerçant ne sait pas où vendre un produit, le plus simple pour lui est de le jeter. Il prend l'exemple de pommes de terre qu'un acheteur refuserait parce qu'elles périment dans un mois. Son association propose plutôt de les donner à ceux qui ont faim. Selon la vidéo, Sharing Excess récupère ainsi des centaines de milliers de kilos de nourriture qui auraient fini à la poubelle « pour des raisons absurdes ».

Le tri est volontairement simple : ce qui a l'air bon va dans la caisse à garder, le reste est jeté. Evan explique que si le processus était plus compliqué, les gens ne le feraient pas. La séquence est ponctuée de plaisanteries entre MrBeast, Tareq et Nolan sur la taille de leurs piments.

Le goulet d'étranglement : les camions

Evan identifie la principale limite : les dons existent, mais il manque des camions pour transporter toute la nourriture disponible. Selon la vidéo, le marché de Philadelphie et d'autres du même type ont tant de surplus que Sharing Excess ne parvient pas à tout distribuer avant que les produits ne se gâtent. Un seul camion supplémentaire permettrait de récupérer 375 tonnes de nourriture de plus par an.

MrBeast fait retirer son bandeau à Evan et lui offre un camion neuf. Il rappelle que les vues de la vidéo permettront de donner davantage d'argent à Sharing Excess pour remplir ce camion pendant les années à venir.

Une journée avec le camion supplémentaire

La vidéo suit ensuite une journée de travail avec ce nouveau véhicule. Le premier arrêt est une cuisine, nommée « Double Trellis Food » dans les sous-titres, qui prépare chaque jour des repas gastronomiques pour des personnes dans le besoin. MrBeast souligne que tout ce qui est cuisiné ce jour-là avait été jeté. Selon la vidéo, ces repas nourrissent 600 personnes.

Le camion contient encore des milliers de kilos de produits frais. Ils servent à remplir plusieurs frigos solidaires, à distribuer de la nourriture dans la rue et à organiser une collecte en Caroline du Nord, où des centaines de personnes avaient besoin d'aliments nutritifs.

Le partenariat avec DoorDash

La vidéo est sponsorisée par DoorDash, et MrBeast l'intègre au propos. Pendant une durée limitée, acheter un sweat à capuche vendu exclusivement sur le DashMart de DoorDash contribuerait, selon lui, à offrir des centaines de repas. Il évoque aussi le « projet Dash » de DoorDash, qui aurait permis en quelques années de livrer des centaines de millions de repas issus de nourriture qui aurait sinon été jetée.

Deux chèques et une somme laissée ouverte

À la fin de la collecte, MrBeast remet deux chèques à Evan. Le premier, de 600 000 repas, sert à atteindre le million annoncé avant le tournage. Le second est un chèque en blanc. Son montant dépendra du nombre de vues après la publication, et MrBeast dit ne pas encore le connaître. Il promet de le remplir au fur et à mesure que la vidéo sera regardée.

Un autre contributeur est présenté : Tony Robbins. Dans un message, il dit s'engager, avec tous ceux qui veulent aider, à verser 10 millions de repas. La vidéo se termine sur un appel à la partager, avec le ratio final : 20 vues correspondent à un repas pour une personne dans le besoin. Le résultat de ce dispositif, c'est-à-dire la somme inscrite sur le chèque en blanc, reste par définition inconnu au moment du tournage.