Sept jours en isolement total : le journal d'une lente désorientation
MrBeast ミスタービーストJimmy, le youtubeur connu sous le nom de MrBeast, tente de passer 168 heures, soit sept jours, enfermé seul dans une pièce blanche et insonorisée, sans contact humain et presque sans stimulation. Il ne s'agit pas de prouver une endurance physique. Le défi teste la résistance de l'esprit quand on lui retire presque tout. Un médecin suit l'expérience depuis l'extérieur, et la vidéo alterne entre ce que Jimmy vit dans la cellule, ses commentaires rétrospectifs et les observations de l'équipe qui le regarde sur les écrans.
Une pièce présentée comme plus dure que d'être enterré vivant
D'entrée, l'équipe présente l'enjeu comme psychologique. Le médecin chargé de veiller sur Jimmy explique avoir travaillé 23 ans en hôpital psychiatrique et juge cette situation « bien pire » que tout ce qu'il a vu jusque-là. Selon le médecin, passer plus de 50 heures dans une salle blanche comme celle-ci peut entraîner des dommages psychologiques irréversibles. Jimmy, lui, part pour 168 heures. Il envisage lui-même qu'il pourrait « perdre la boule », basculer dans une forme de psychose et devoir être sorti avant la fin.
La comparaison avec un défi précédent, où Jimmy était resté enterré vivant une semaine, revient tout de suite. Le médecin estime que l'isolement est bien plus difficile, parce qu'il n'y a ici aucun contact social. Le raisonnement avancé est le suivant : un cerveau qui ne reçoit plus d'informations produit de la folie, des hallucinations et de la paranoïa.
L'équipement est réduit au minimum : un lit, un calepin et un stylo, une bouteille d'eau à remplir, une brosse à dents, du dentifrice et du savon, ainsi qu'un toilette et un lavabo. La porte est fermée par des chaînes métalliques. Jimmy remarque que si la pièce prenait feu, il serait sans doute mort avant qu'on parvienne à l'ouvrir, puis décide de penser à autre chose.
Les premières heures : compter les carreaux et attendre à manger
Le manque d'occupation apparaît dès la neuvième heure. Jimmy compte les carreaux des murs : 1900, et 2860 en ajoutant le plafond et le sol.
La nourriture arrive par un tapis roulant d'une trentaine de mètres, conçu pour qu'il soit nourri sans aucune interaction humaine. L'équipe décide d'envoyer les repas à des moments aléatoires, par exemple un petit-déjeuner à 18 heures, pour qu'il ne puisse pas déduire l'heure. Cette décision devient l'un des ressorts du défi. Comme la pièce est insonorisée, Jimmy n'entend pas l'arrivée des plateaux. Il ne découvre son premier repas que deux heures après son arrivée sur le tapis, en allant vérifier. Il le trouve froid et mou, mais délicieux, parce qu'il « ne ressent plus rien » depuis si longtemps. Avec le recul, il regrette de ne pas avoir mangé avant d'entrer.
Sa perception du temps dérive très tôt. Quand il pense être là depuis 14 heures, la vidéo indique qu'il a déjà deux heures de décalage. Il passe les heures suivantes à chercher toute stimulation possible, par exemple en jouant avec une plaque de métal. Les observateurs y voient le signe qu'on peut tout enlever à un homme, et qu'alors un objet aussi simple devient « aussi amusant qu'un iPhone ». Le médecin doute qu'il tienne sept jours si c'est là sa principale stimulation, prévoit de l'agitation liée à l'ennui et qualifie l'expérience de « très déshumanisante ».
Deuxième jour : insomnie, lumière et premiers signes de paranoïa
Au moment d'aller dormir, Jimmy se croit en avance de six heures sur l'heure réelle. Il pense être le deuxième jour à 16 heures, et l'équipe s'étonne qu'il soit déjà aussi « largué ». Il n'arrive pas à dormir et se plaint de la lumière permanente. Le médecin interprète cette insomnie comme le désir de dormir pour en finir, alors qu'il faudrait plutôt s'occuper avec quelque chose qui capte son attention pendant l'éveil. Quand Jimmy tente d'escalader le mur, le commentaire y voit un retour à l'instinct primaire et au besoin naturel de liberté.
Les repas aléatoires produisent ensuite une scène de confusion. Un second repas semble arriver quelques minutes seulement après le premier, et Jimmy ne sait plus s'il doit manger les deux. Il ignore combien de temps le premier plateau était resté sur le tapis et se demande si l'équipe réagit au fait qu'il a peu mangé. Le médecin y lit un début de paranoïa, qui peut empirer avec le temps alors qu'on n'est qu'au deuxième jour.
Pour s'occuper, Jimmy compte jusqu'à 1000. Le médecin prévoit que, peu à peu, il manquera d'idées. Jimmy reconnaît après coup que le médecin avait raison, puisqu'il a commencé plus tard à devenir « presque cinglé ».
Dormir pour faire passer le temps, et ses effets pervers
Jimmy adopte la stratégie de dormir le plus possible. Il dit que cela l'a aidé à faire passer le temps, mais que cela lui a nui d'une autre manière : en dormant, il rate les repas, qui restent longtemps sur le tapis. Il trouve ainsi un plateau froid et mou, posé là depuis sept heures selon l'équipe, avec une glace qu'il aurait voulu manger à temps.
Il décrit aussi un changement émotionnel inattendu. D'habitude, comme son équipe travaille sur plusieurs vidéos en même temps, il est « incroyablement stressé ». Dans la pièce, il ne ressent aucun stress, mais une forte anxiété : celle de rater plein de choses intéressantes qui se passent dans le monde. Il dit ne pas connaître cette émotion et s'étonne de la difficulté de ne rien faire.
Inventer des mondes intérieurs
Vers la 65e heure, encore loin des 168 heures, l'ennui devient pesant. Jimmy se demande comment faire le poirier et regrette de ne pas avoir appris avant. Selon le médecin, il va devoir inventer des concepts qui n'existent que dans son esprit pour éviter de tomber dans une profonde dépression.
C'est ce qu'il fait. Il imagine qu'il marche dans un parc : herbe verte, quelqu'un qui pêche, beau temps, chants d'oiseaux. Une intervention extérieure interrompt la scène et il reproche à l'équipe d'avoir gâché sa sortie. Les observateurs disent qu'ils le regardent « tomber dans la folie ».
Un repas plus copieux arrive, avec du riz, des patates douces et du steak, qu'il présente comme le meilleur du défi. Au lieu de manger le riz, il compte les grains : 447. Il ajoute, avec ironie, que cette information doit être une révélation existentielle pour le public.
La moitié du défi et un jour d'erreur
Quand il commence à avoir sommeil, Jimmy pense être dans la nuit du cinquième jour. Il n'en est en réalité qu'à la moitié du défi : il se trompe d'un jour entier. Il va dormir dans la salle de bain, où la lumière est moins aveuglante. Il considère après coup que c'est l'une de ses meilleures idées, car il y dort 12 heures d'affilée.
À mi-parcours, avec 84 heures restantes, l'équipe veut le lui annoncer grâce à des pâtes alphabet, en mélangeant les lettres pour qu'il reconstitue le message. Jimmy ne reconnaît pas tout de suite les pâtes et cherche aussi le mot « pain ». Il finit par remarquer un N, mais mange les lettres au fur et à mesure qu'il les trouve. Il se demande même, sur le ton de la plaisanterie, si un message caché était nécessaire pour continuer à recevoir des repas. L'équipe prévoit qu'il se sentira bête en revoyant la scène.
Faim, migraine et petits bonheurs
La lumière permanente commence à l'atteindre. Il dit avoir une migraine à se fendre le crâne et l'impression de mourir de faim. Le médecin souligne qu'il reçoit pourtant les calories quotidiennes nécessaires, et attribue cette faim au manque de stimulation. Jimmy ne peut s'empêcher de vérifier sans cesse si de la nourriture arrive. Il se cogne aussi la tête de façon répétée, en disant trouver cela relaxant, puis demande s'il risque une commotion. On lui conseille d'arrêter, et il accepte.
Un sac McDonald's, étrangement léger, lui fait craindre une déception. Il contient bien un vrai repas. Jimmy décrit alors un cycle : à chaque repas, il est « au paradis pendant 20 minutes », se sent à nouveau humain et ne peut s'empêcher de sourire. Dès la dernière bouchée, il retombe dans la déprime en se demandant quoi faire ensuite. Il dit perdre toute notion du temps et avoir l'impression que son esprit « régresse doucement vers l'idiotie ».
Pour mieux occuper son temps, il fabrique un panier de basket avec l'emballage du cheeseburger et le gobelet de sa brosse à dents. Il cite LeBron, Steph et Kobe, rate, puis passe au baseball avec une fourchette et le plateau « indestructible » de son premier repas. Le lancer dans la trappe du tapis roulant devient son jeu favori.
Demander à ne pas être libéré
Convaincu qu'il lui reste deux jours, Jimmy pressent qu'il voudra partir avant l'heure. L'équipe précise qu'on n'est qu'au quatrième jour. Il donne alors une consigne : même s'il supplie, crie ou se met à genoux, il ne faut pas le laisser sortir avant la fin. L'équipe confirme.
Son instinct lui dit qu'il a passé 113 heures dans la pièce et qu'il en reste 55. Il compte sur le monteur pour afficher le temps réel restant et espère ne pas s'être trop trompé.
Caméras, colère et sentiment d'animalité
Le médecin prévoit une montée de colère et une possible paranoïa sur sa situation. Jimmy se met à recenser les caméras qui le filment en permanence, partout dans la pièce, et se plaint qu'il ne soit plus possible d'avoir d'intimité. Il dit qu'il va « péter un plomb » et a l'idée de jeter une caméra par la trappe. Il joue ensuite au bowling et se tape le doigt.
Il reconnaît avoir sérieusement sous-estimé la difficulté du défi et dit en avoir les larmes aux yeux. Il se sent « comme un animal », comme s'il avait perdu ses droits d'être humain. Il pense être vers le milieu du cinquième jour. Sa copine lui manque beaucoup, tout comme l'équipe, « même Nolan ». Il dit toucher le fond psychologiquement et juge que ce n'est « pas humain » comme façon de vivre. Même dans ses rêves, il est coincé dans la pièce et se croit au sixième ou septième jour, avant de se réveiller et de comprendre que c'était un rêve. Il dit qu'il paierait très cher pour connaître l'heure.
Trois indices pour estimer le temps
Jimmy explique pourquoi il pense qu'il ne lui reste que 33 heures. D'abord, il a déjà dormi cinq fois. Ensuite, il va généralement aux toilettes une fois par jour et y est allé cinq fois depuis son arrivée. Enfin, sa barbe a poussé jusque dans le cou, ce qui lui prend environ une semaine d'habitude. Il ajoute que s'il n'était qu'au cinquième jour, ou pire au quatrième, il deviendrait complètement fou.
Après avoir rêvé de la fois où il avait compté jusqu'à 100 000 sans s'arrêter, il décide de faire 1000 fois le tour de la pièce, « pour le souvenir ». En revoyant ces images, il trouve fou d'en être arrivé à tourner en rond pour ne pas perdre la tête. Il juge finalement que 1000 tours, c'est beaucoup trop, et dit avoir déjà la tête qui tourne.
La vengeance des deux anciens enfermés
Karl invite deux personnes que Jimmy avait autrefois fait enfermer pendant 100 jours, Bailey et Suzie. Interrogées sur la comparaison avec leur propre défi, elles répondent qu'elles préféreraient être avec quelqu'un pour se tenir compagnie dans de telles conditions. Elles décident de se venger en envoyant à Jimmy des plateaux vides sur le tapis. Il se doute que Karl est dans le coup et s'agace de voir les plateaux vides se succéder. L'équipe remarque qu'il n'a pas été aussi stimulé depuis des jours. Jimmy admet ensuite que, pour leur défense, il l'avait sans doute mérité.
Le fond : « Et si c'était ça, la mort ? »
Ses réflexions deviennent plus sombres. Il se demande si ce qui nous attend après la mort ne serait pas une pièce blanche dont on ne peut pas sortir, et trouve cette idée horrible. Quand il dort, il rêve qu'il est dehors. Éveillé, il se sent déprimé et seul. Il en conclut que plus il dort, mieux il se sent.
Il fait le compte de ses défis : sept jours sur un radeau, sept jours enterré vivant, et maintenant sept jours en isolement total. Il affirme que, s'il avait su à quel point ce serait dur, il ne l'aurait jamais fait. Il prévient que si le compteur affiche plus de 20 heures restantes, il deviendra fou. Il dit se sentir horriblement seul, sa copine lui manque, et l'équipe se demande s'il pleure. Les observateurs décrivent un comportement d'enfant : siestes par terre, objets lancés, caprices, joie dès qu'il reçoit de quoi grignoter.
La dernière journée, plus longue que prévu
Jimmy pense qu'il reste environ huit heures. Il s'endort persuadé que tout sera fini au réveil et prie pour que ce soit le cas. L'équipe prévoit un réveil « brutal ». Plus tard, il estime qu'il reste deux ou trois heures et dit profiter de son « dernier repas ». L'équipe relève l'ironie : il reste exactement 24 heures.
Persuadé qu'on va venir le chercher d'une minute à l'autre, il fait le ménage, en admettant que c'est surtout une excuse parce qu'il s'ennuie. Il tire aussi un bilan amer. Il pensait sortir de ce défi avec les idées plus claires ou en ayant appris quelque chose sur lui-même, mais il n'en ressort, selon lui, qu'avec un nouveau talent : jeter des objets dans la trappe du tapis roulant. Il se dit incapable de tenir 24 heures de plus et refuse de croire qu'il en reste autant. Il recommence à compter, croit entendre un bruit dehors, puis répète qu'il est malheureux et supplie qu'on le sorte de la pièce.
Le médecin le juge alors « à peine humain » : couché, les yeux couverts, sans aucune joie, un état qu'on n'aime pas voir chez un patient. Interrogé sur ce qu'il deviendra, le médecin craint qu'il ne reste dans cet état. L'équipe dit ne l'avoir jamais poussé aussi loin dans ses retranchements. Le médecin recommande de l'aborder avec douceur, « comme un enfant qui termine sa sieste ».
La sortie
Au moment du compte à rebours, Jimmy s'aperçoit qu'il n'est pas habillé et enfile un short. À sa sortie, il remarque d'abord qu'il fait moins lumineux dehors. Il dit avoir un peu le vertige et avoir oublié comment interagir avec les gens. Il s'allonge pour profiter d'un plafond sombre, et un membre de l'équipe dit ne pas l'avoir vu aussi heureux depuis longtemps. Jimmy confie avoir fini par croire que les dernières 24 heures allaient se répéter à l'infini. Il demande qu'on le suive dehors pour voir le soleil, mais il fait nuit. Il conclut simplement que ça fait du bien de se retrouver à nouveau à l'extérieur.
Je vais essayer de passer les 7 prochains jours enfermé dans une cellule d'isolement.
Enfermez-moi ! Salut Jimmy ! J'espère ne pas devenir fou.
Pour les 7 prochains jours, je dois survivre dans cette salle blanche insonorisée, sans contact humain ni stimulation. Et comme c'est psychologiquement dangereux, le plus important, c'est que le médecin à l'extérieur s'assure que je devienne pas fou.
J'ai travaillé 23 ans en hôpital psychiatrique et ça, c'est bien pire que tout ce que j'ai pu voir jusque-là. Passer plus de 50 heures dans une salle blanche comme celle-ci peut entraîner des dommages psychologiques irréversibles.
Je suis parti pour y passer 168 heures. Il y a des chances que je commence à perdre la boule et que je tombe dans une espèce de psychose et qu'ils doivent me sortir de là à cause des dommages irréversibles que je pourrais avoir.
Il est resté enterré vivant une semaine. Est-ce que c'est vraiment plus difficile ?
Oui, c'est bien plus difficile. Là, il n'y a aucun contact social. Si ton cerveau ne reçoit aucune information, ça engendre de la folie, des hallucinations ainsi que de la paranoïa.
Tout ce que j'ai pour survivre pendant une semaine, c'est un lit pour dormir, un calepin avec un stylo, une bouteille d'eau à remplir, une brosse à dents avec du dentifrice et du savon. J'ai aussi des toilettes ainsi qu'un lavabo.
À ce stade-là, c'était évident que j'allais avoir du mal à m'occuper pendant le challenge, surtout lors de la neuvième heure, quand j'ai fait ça.
Vous vous demandez sûrement combien il y a de carreaux sur ces murs. La bonne réponse est 1900. Et si on ajoute le toit et le sol, ça nous donne un total de 2860.
Le plus important dans tout ça, d'après mon estomac, il est l'heure de manger. Donc, si vous vous demandez comment je vais manger pendant ce défi, il y a un tapis roulant ici qui mesure environ une trentaine de mètres de long pour que je puisse être nourri sans aucune interaction humaine.
Je pense que ça doit faire 14 heures que je suis là. C'est pas dingue de se dire qu'à ce moment-là, j'avais déjà deux heures de décalage.
Et pour le moment, la partie la plus difficile de ce challenge, c'est que personne ne m'a encore donné à manger. Avec le recul, je me dis que j'aurais mieux fait de manger avant de venir. Mais ce serait vraiment génial si quelqu'un me donnait à manger maintenant. Votre cobaye meurt de faim.
Est-ce que tu t'es lavé les mains ? Oui, évidemment. Non, c'est pas vrai.
On va lui envoyer ses repas au hasard, comme ça, il ne pourra pas deviner l'heure. Comme s'il était 18h00 et qu'on lui envoyait son petit dej.
Quand est-ce que mes amis vont me donner à manger ? C'est dingue ce que je peux avoir faim, c'est dingue ce que j'ai la dalle.
Et vu que la pièce est insonorisée, même si mon plateau était arrivé, je m'en suis rendu compte qu'en vérifiant deux heures après.
J'ai trop faim pour marcher. Non, là, tu joues un peu trop la comédie, mon gars.
Quand j'ai enfin vérifié. Je m'attendais pas à avoir à manger. C'est délicieux. Je veux dire, c'est froid et mou, mais je ressens plus rien, déjà, depuis si longtemps que c'est super.
Cette salle de confinement en solitaire est littéralement fermée par des chaînes métalliques. Si ça prenait feu, je serais sûrement mort avant qu'ils ne réussissent à l'ouvrir. Il va falloir que je pense à autre chose.
Pendant les heures suivantes, j'ai essayé de me stimuler autant que possible.
C'est plutôt cool. Il n'a rien là, il n'a rien du tout pour s'occuper. Si c'est ça sa stimulation principale, alors je doute qu'il ne réussisse à tenir sept jours.
C'est intéressant de constater que lorsqu'on enlève tout à un homme, une chose aussi simple qu'une plaque de métal devient aussi amusante qu'un iPhone.
Il va commencer à s'agiter parce qu'il s'ennuie.
C'est une expérience très déshumanisante. Je vais aller me coucher. On verra demain.
Jimmy a six heures d'avance sur l'heure qu'il est réellement. Ce qui veut dire qu'il doit être 16h00 le deuxième jour. Je ne pensais pas qu'il serait aussi largué dès le deuxième jour.
Peu importe ce que je fais, je n'arrive pas à dormir. Et ces lumières me rentrent vraiment dans la tête. Je vais peut-être rester allongé là pendant les cinq prochains jours qui restent.
Là, il est insomniaque parce qu'il n'a pas besoin de dormir. En fait, il veut dormir et en finir avec ça. Mais ce qu'il devrait faire, c'est s'occuper en faisant quelque chose qui captera son attention pendant qu'il est éveillé.
Il escalade le mur. C'est le besoin naturel de liberté de l'homme. Il revient à l'instinct primaire.
Pourquoi j'ai cru qu'il était 16h00 ? Est-ce qu'il n'était pas plutôt 21h00 ? Le temps de manger mon premier repas, il était 16h30.
Je ne dis pas, la nourriture a l'air bonne, mais elle est déjà toute froide. Je préfère mourir de faim que de manger ça.
J'ai l'impression que mon second repas est arrivé au bout de quelques minutes. Qu'est-ce qui vient d'arriver sur le tapis ? Une seconde, ça fait combien de temps ? Je suis censé manger les deux ou...
C'était le deuxième jour quand j'ai eu le deuxième petit déjeuner, mais je n'ai pas mangé grand-chose. Peut-être qu'ils s'en veulent parce que je n'ai pas beaucoup mangé, ou alors...
À ce stade, je ne savais pas combien de temps mon premier repas était resté sur le tapis roulant.
Vous voyez qu'il devient un peu paranoïaque ? C'est le genre de choses qui peut empirer avec le temps et on n'en est qu'au deuxième jour.
Je ne sais pas trop quoi faire. Je crois que je vais voir jusqu'à combien je peux compter. Un, deux, trois, quatre.
Ça semble insensé, non ?
565, 566, 567.
Quand on est dans une situation où il n'y a rien à faire.
999...
Ce qui est fou, c'est qu'on finit par abandonner.
1000.
Peu à peu, il va commencer à manquer d'idées sur ce qu'il pourrait faire.
Je dois bien l'admettre, le médecin avait bien raison parce que plus tard dans le défi, j'ai commencé à devenir presque cinglé.
Est-ce que ça me réveille ? Est-ce que ça me ré... Aaaaah !
Alors que ma stratégie de dormir pendant la majeure partie du défi m'a aidé à passer le temps, elle a fini par me porter préjudice autrement.
Je vois à manger là-bas. Ça, c'est froid et tout mou.
Ça fait combien de temps que c'est là, ça ?
Ce plateau est là depuis déjà 7 heures.
J'aurais donné n'importe quoi pour manger cette glace. Ça aurait été bien d'avoir des morceaux comestibles, mais j'imagine que j'aurai encore faim.
Normalement, comme on travaille sur plusieurs vidéos en même temps, je suis généralement incroyablement stressé. Pour le moment, je me sens pas du tout stressé, mais je ressens une tonne d'anxiété parce que j'ai l'impression à stade sévère de faire rater des tonnes de trucs cools qui se passent dans le monde. C'est bizarre. C'est une émotion différente de celle que je connais.
C'est assez dingue de voir à quel point c'est difficile de rien faire. Je commence sérieusement à m'ennuyer. Ça devient très dur pour moi mentalement. Je m'ennuie ! Au secours !
J'étais encore très loin de la barre des 168 heures passées. Donc à partir de la 65e heure, j'ai commencé à me poser des questions.
Comment on fait le poirier ?
Avant de venir ici, j'aurais bien voulu que quelqu'un m'apprenne les bases du poirier.
Il va devoir inventer des concepts qui n'existent que dans son esprit, s'il veut éviter de tomber dans une profonde dépression.
Je vais juste imaginer que je marche actuellement dans un parc. Il y a de l'herbe verte. Quelqu'un est en train de pêcher.
Il est littéralement en train de se faire des films dans sa tête. Oh mon Dieu.
Dans l'ensemble, il fait très beau. J'entends des oiseaux.
T'as gâché ma sortie dans le parc. Bon sang.
On le regarde tomber dans la folie.
J'ai plus de nourriture cette fois. On dirait qu'il y a du riz, des patates douces et du steak. C'est le meilleur repas que j'ai mangé de tout le défi.
Ce que vous voyez là, c'est une portion de riz et tout être humain normalement constitué mangerait ce riz. Moi, je vais le compter.
13, 14, 15, 16, 17, 18… 98, 99, 100, 101, 265, 266, 267, 367, 368, 369, 370, 420, 421, 422, 423, 445, 446 et 447.
Il y a exactement 447 grains de riz sur ce plateau en métal. Cette information est sûrement une révélation existentielle pour vous.
Je commence à avoir sommeil. Ça doit vouloir dire qu'on est dans la nuit du cinquième jour.
J'en étais tout juste à la moitié du défi et je me trompais déjà d'un jour entier dans mes prédictions.
Je vais me recoucher un peu dans la salle de bain, là où la lumière est pas aussi aveuglante.
Ça s'est avéré être une de mes meilleures idées parce que j'ai dormi 12 heures d'affilée cette nuit-là.
On est officiellement à la moitié du défi. Il nous reste 84 heures.
Il lui reste.
On va lui annoncer grâce à ce repas. On va bien lui mélanger tout ça, il pourra reformer le message.
J'ai les cro-crocs, les cro-crocs j'ai !
Qu'est-ce qu'on a de bon ? C'est quoi ce truc ? C'est des pâtes à l'alphabet.
C'était pas la seule chose dont j'avais oublié le nom.
C'est quoi ça, déjà là ? C'est du… Du pain. Ça fait beaucoup de sauce pour un petit pain. Ça a le goût du ketchup.
Il a pas remarqué les lettres ?
C'est un N.
Ouais !
Vous avez oublié de retirer ces quatre lettres ?
Non ! À chaque fois qu'il trouve une lettre, il la mange.
J'espère qu'il n'y avait pas un message dans les pâtes et que je devais pas le deviner comme par magie avant de les manger et trouver un mot de passe pour continuer à recevoir des repas. Non, il me ferait pas ce coup-là.
Il va se sentir tellement bête quand il va sortir de là et regarder ça.
Dépression.
À ce stade, la luminosité permanente commençait à m'atteindre.
J'ai une migraine qui pourrait me fendre le crâne en deux. J'ai l'impression de mourir de faim. Qu'est-ce qui se passe dans mon corps ?
Il a réclamé à manger alors qu'il ingère les calories quotidiennes nécessaires. Et ça, c'est parce qu'il est tellement peu stimulé qu'il croit mourir de faim.
Je ne pouvais pas m'empêcher d'aller voir encore et encore si de la nourriture arrivait.
C'est un peu relaxant. Tu crois que je risque une commotion cérébrale en faisant ça ?
Tu devrais arrêter.
Tu as raison, je devrais arrêter.
On m'a envoyé un sac de McDo. Je le trouve bizarrement léger. S'il n'y a pas vraiment un McDo là-dedans, je vais tomber en dépression. C'est un vrai McDo. Trop bien.
À chaque fois que je reçois un repas, je suis au paradis pendant 20 minutes. Je me sens à nouveau humain. Je ne peux pas m'empêcher de sourire. Je suis trop heureux. Mais dès la dernière bouchée avalée, je retombe dans la déprime en me disant : « Je fais quoi maintenant ? »
Je commence à plus avoir aucune notion du temps qui passe. J'essaierai de deviner l'heure qu'il est, mais je n'en ai aucune idée. Mon esprit est en train de régresser doucement vers l'idiotie.
Il faut que j'occupe mieux mon temps. Je vais donc prendre cet emballage de cheeseburger et ce gobelet dans lequel j'avais mis ma brosse à dents. Et maintenant, je peux jouer au basket. LeBron, Steph, Kobe.
Je crois que c'est pas mon truc. J'ai toujours été meilleur au baseball. Strike. Je m'attendais pas à ce résultat.
Puis, je me suis souvenu… Je t'avais oublié, il y avait une fourchette. Que j'avais encore le plateau indestructible de mon premier repas. Je vous raconte même pas la distance à laquelle je vais envoyer ce plateau.
Je m'ennuie. Il me reste encore deux jours à tenir dans cette pièce et j'ai le pressentiment que je vais vouloir partir avant l'heure.
C'est que le quatrième jour.
Même si je vous supplie, si je crie, si je me mets à genoux.
Ou s'il rote.
Ne me laissez pas sortir avant l'heure.
Bien reçu, Jimmy.
Mon instinct me dit que j'ai déjà passé 113 heures ici, ce qui voudrait dire qu'il m'en reste encore 55. La personne qui s'occupe du montage affichera le temps qu'il me reste vraiment. Avec un peu de chance, je serai pas tombé trop loin.
Je pense que la colère va monter et il est possible qu'il devienne paranoïaque sur sa situation.
C'est plus possible d'avoir de l'intimité dans ce monde. Il y a une caméra là, une autre au-dessus, une autre là-bas, une autre là-bas, là-bas, là-bas, là-bas, là-bas. Il y en a partout dans la pièce et elles me filment en permanence. Je vais péter un plomb.
Et si je jetais la caméra par la trappe ? Quel génie ! Je vais jouer au bowling.
Aaaaah ! J'ai tapé mon doigt. Aïe !
J'ai sérieusement sous-estimé à quel point ce défi serait difficile. J'ai les larmes aux yeux rien que d'y penser d'ailleurs. Je me sens un peu comme un animal, comme si j'avais perdu mes droits en tant qu'humain.
Je dirais que j'en suis à la moitié du cinquième jour à peu près. Ma copine me manque beaucoup, l'équipe me manque aussi, les mecs, même Nolan.
Psychologiquement parlant, je pense que je vais pouvoir dire que je touche le fond aujourd'hui. C'est pas humain comme façon de vivre.
Je suis ici depuis si longtemps que même dans certains rêves, je suis coincé dans cette pièce et je crois être au sixième ou septième jour, mais quand je me réveille, c'était juste un rêve.
Quelle heure il est ? Je serais prêt à payer tellement cher juste pour savoir l'heure qu'il est en ce moment.
Je vais vous dire pourquoi je pense qu'il ne me reste plus que 33 heures. J'ai déjà dormi cinq fois ici. Raison numéro deux, je fais généralement caca une fois par jour et j'ai fait caca cinq fois depuis mon arrivée. Raison numéro trois, ma barbe a poussé dans mon cou, ce qui me prend à peu près une semaine en général.
Et si jamais c'est encore... Et si jamais c'est encore le cinquième jour ou encore pire, si on en est qu'au quatrième jour, je vais devenir complètement fou.
Pendant que je dormais, j'ai rêvé de la fois où j'ai compté jusqu'à 100 000 sans m'arrêter. Alors, en me réveillant, j'ai décidé de faire 1 000 fois le tour de cette pièce. Comme ça, pour le souvenir. C'est mon repère. Un, deux, trois.
C'est dingue de revoir ces images. J'en suis arrivé à tourner en rond pour éviter de perdre la tête.
1 000 tours, c'est beaucoup trop. J'ai déjà la tête qui tourne.
Depuis le début de ce défi, je bois de l'eau qui vient de ce robinet. Et honnêtement, c'est pas... C'est le... Waouh, frère.
Cirkul, c'est une cartouche qu'on peut visser sur sa bouteille. Ça transforme l'eau ennuyeuse en une boisson incroyable. Vous trouverez plus de 100 goûts différents à ajouter à votre eau et ils sont tous sans calories et sans sucre.
C'est l'enfer de bouger ce trépied.
Choisissez l'intensité de goût que vous souhaitez et régalez-vous tout de suite. Ça ajoute tellement de goût, j'en oublie que c'est de l'eau du robinet. J'utilise une cartouche multifruits sur ma bouteille depuis le début du défi. Elle donne un goût incroyable à l'eau.
Je vais aller faire des allers-retours entre ces murs.
Les cartouches fonctionnent même quand vous remplissez votre bouteille plusieurs fois. Heureusement d'ailleurs, parce que les mecs oublient tout le temps de m'en donner. Donc, je dois les faire durer.
Si vous voulez boire plus d'eau ou donner meilleur goût à votre eau en général, rendez-vous sur drinkcirkul.com ou dans le Walmart le plus proche pour essayer Cirkul.
J'ai tout essayé pour m'occuper l'esprit et je vais être sincère, ça marche pas du tout.
Quand j'ai fini toutes mes cartouches, Karl a invité deux revenants qui avaient passé 100 jours ensemble.
On est là. Venez voir ça, vous allez kiffer. Voilà l'état de celui qui vous a enfermé pendant 100 jours. Vous diriez que c'est plus ou moins dur que votre défi ?
Dans ces conditions, je pense que je préférerais vraiment être avec quelqu'un d'autre pour me tenir compagnie.
Maintenant que la roue avait tourné et que j'étais coincé dans mon propre cube blanc, Bailey et Suzie comptaient se venger.
Le tapis roulant marche comme ça.
Ils m'envoient un plateau vide.
Il va péter un câble. Je n'ai aucun scrupule. Il l'a bien mérité.
Je parierais mon compte en banque entier que Karl est dans le coup.
Regardez les plateaux. T'as un petit creux, Jimmy ? Bon appétit.
Ça va pas recommencer, ça va pas recommencer. Ça suffit !
Il n'a pas été aussi stimulé depuis des jours.
La vache. Pour leur défense, je le méritais sûrement.
Et si c'était ça qui nous attend après la mort ? Une pièce blanche dont on peut pas sortir. Ça serait vraiment horrible.
Quand je dors, je rêve que je suis à l'extérieur et quand je suis réveillé, je me sens complètement déprimé, tout seul. Je suis malheureux ici. Du coup, plus je passe de temps à dormir, mieux je me sens. Je veux sortir.
Je suis Batman.
Je suis à bout. Il faut vraiment que je sorte d'ici. On a fait sept jours sur un radeau, sept jours enterrés vivants. Et maintenant, j'aurai fait sept jours en isolement total. Si j'avais su à quel point ça serait dur, je l'aurais jamais fait.
Si le compteur d'heures qu'il me reste affiche un chiffre plus haut que 20, je vais devenir fou. Je me sens horriblement seul. Ma copine me manque. C'est de la torture.
Il pleure là ? Il a vraiment pas l'air d'aller bien. Il fait des siestes par terre, il jette des choses, il fait des caprices, il est content quand on lui donne de quoi grignoter. Il est comme un enfant.
Je pense qu'il reste à peu près 8 heures. Ensuite, ils vont ouvrir cette porte juste là et je serai libre. J'espère. Je prie, 8 heures, pitié.
Il s'endort en pensant que tout sera fini quand il se réveillera. Il pensait être au bout. Le réveil va être brutal pour lui, littéralement. C'est assez inquiétant.
Je pense qu'il reste deux ou trois heures avant que la porte s'ouvre. Je profite de mon dernier pas ici parce que je sors bientôt.
Il a bien dit son dernier pas ? Je crois oui. C'est ironique parce qu'il lui reste exactement 24 heures.
Ils vont venir me chercher d'une minute à l'autre. Alors, je vais faire un peu de rangement et de ménage, c'est le bazar. J'essaie de trouver une excuse pour faire le ménage, mais en vrai, je m'ennuie.
En entreprenant ce défi, je pensais en sortir avec les idées plus claires ou en ayant appris quelque chose sur moi-même, mais en vrai, je ressors seulement d'ici avec un nouveau talent, celui de jeter des trucs dans la trappe du tapis roulant.
Et encore, ça me paraît inimaginable qu'ils puissent rester plus de 24 heures. Je ne tiendrai pas 24 heures de plus de toute façon. J'ai atteint ma limite. Mais peu importe, il ne reste pas 24 heures. Il n'y a pas moyen. Je refuse de le croire. Ils vont venir ouvrir cette porte d'une seconde à l'autre.
Pour passer le temps, je recommence à compter. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15.
Je vous jure que j'ai entendu un truc dehors.
Je vous jure que j'ai entendu un truc dehors.
Je suis malheureux. Je suis malheureux, tellement malheureux. Je suis malheureux. J'en peux plus d'être ici. Sortez-moi de cette pièce. J'en peux plus d'être ici. Sortez-moi de cette pièce. J'en peux plus d'être ici. Sortez-moi de cette pièce. J'en peux plus d'être ici.
Il est à peine humain en ce moment. Il est couché, les yeux couverts, sans aucune joie. Ce n'est pas un état qu'on aime voir chez un patient.
Comment il va être ? Il va être quelqu'un de différent ?
J'ai bien peur qu'il reste dans cet état.
Il s'est effondré au point de ne plus rien faire.
On ne l'a jamais poussé aussi loin dans ses retranchements que cette semaine.
Il a été privé de tout contact humain depuis des jours. Soyez doux avec lui, comme avec un enfant qui termine sa sieste.
Justement, il reste 10 minutes. On va se préparer. Merci.
Bonne chance.
Je vais mourir.
Neuf, huit, sept. Six, cinq. Quatre...
Attendez, je suis même pas habillé. OK.
3, 2, 1.
Salut Jimmy.
Désolé, j'ai enfilé mon short. C'est moins lumineux dehors.
Alors, comment c'était ?
J'ai un peu le vertige en vrai. Je sais, c'est fou, mais à cause du défi, j'ai oublié comment interagir avec les gens.
Tu vas où ?
Ça fait vraiment du bien de pas être aveuglé par un plafonnier. Quel plaisir de regarder ce plafond sombre.
Ça faisait longtemps que je t'avais pas vu aussi heureux.
Honnêtement, j'ai fini par croire que les dernières 24 heures allaient se répéter à l'infini. Suivez-moi dehors, je veux voir le soleil.
D'accord, il fait nuit en fait. Qu'est-ce que ça fait du bien de se retrouver à nouveau à l'extérieur.
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